T O U S D E S A N G E S

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Démystification

Démystification

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Nous mettons les parents sur un piédestal dès nos premières années. Notre superhéros, c’est papa et maman est la meilleure d’entre toutes. Ceci est très clair dans nos têtes de gamins. Rien n’est plus vrai. On se battrait à mort pour défendre cette image et si l’on ne se guérit pas de cette maladie, il y a fort à parier qu’arrivé vers la cinquantaine, le rapport avec papa et maman risque de se compliquer.

L’expérience de la vie se faisant, nous ne serons pas d’accord avec tout ce que feront nos parents ni tout ce qu’ils diront et penseront. Mais démystifier ces superhéros n’est pas si simple dans nos têtes d’enfants. Même à soixante ans. Se rendre compte que son père n’a été qu’un gros beauf égocentrique ne pensant qu’à lui, ou que sa mère a été la plus perverse des manipulatrices équivaut quelque part à renier tout un pan de sa vie rêvée. Et cette vie-là, on ne la lâche pas si facilement. On s’y accroche. On ne laisse personne nous démonter ce mythe auquel on tient comme à la prunelle de nos yeux. Même si tout est fou ou tout sonne faux. Peu importe, les conséquences seront pareilles.

 

 



Démystifier papa ou maman s’avère, il est vrai, être l’une des choses les plus compliquées, car il faut rompre le lien qui nous unit. Ce fameux lien du sang. Couper le cordon si vous préférez ou cesser de japper dans les pattes de maman histoire de devenir enfin adulte et responsable. Il arrive que certains aient besoin d’être parents pour en comprendre l’urgence, d’autres en ressentent juste le besoin pour pouvoir avancer.

 

 



Alors ces superhéros, innés ou pas ? Exagérés ou justifiés ? Atout pour la suite ou handicap ?

Et bien cela risque fort de dépendre du parcours de chacun. Du vôtre en premier lieu, car désolé de vous le dire et de contredire toutes les prédictions de nombres de professionnels du cervelet et de taire quelques illusions, mais les gens ne changent guère. Je veux dire, fondamentalement. Ceux qui le disent utilisent des mots, parviennent sans doute à des actes, pour certains, nobles et remarquables, mais le conte de fées s’arrête ici, je le crains. Par contre, et là où je rejoindrai la clique de chirurgiens de nos âmes éprouvées, c’est que je suis convaincu que toute personne peut évoluer, régresser ou stagner. À ces trois possibilités, je crois. J'ai fait confiance en ces trois variantes, car soyons honnête, au fond de nous, de notre nous le plus profond, même si nous avons toujours eu un penchant pour la glace pistache, se convaincre que c’est la noisette qui nous réjouis le plus et faire croire cela à tout le monde par quelques pirouettes dignes d’un Audini au mieux de sa forme, me laisse perplexe. J’en ai vu à l’œuvre, de ceux qui avaient assez de crans pour dire qu’ils avaient changé, et c’est déjà pas mal en soi de l’admettre, mais comme qui dirait… le naturel revient souvent au galop lorsqu’on l’a bridé durant des années. Je ne vais pas introspecter nos âmes, ni m’enfoncer dans un discours philosophique éprouvé, mais expérience faite et témoignages à l’appui, je puis vous assurer que très peu de gens s’étant dit changés le sont vraiment.

 


Pour cela, il faut être le plus sincère possible avec soi-même et ne pas avoir peur de voir une réalité dont on se passerait volontiers. Ne pas voir ou éluder est toujours moins douloureux que d’affronter ses démons.

 

 



Si je prends l’exemple de Paul, un brillant chef d’entreprise qui avait juste un petit problème relationnel avec les gens, afin d’imager ce que j’essaie de vous expliquer, c’est tout un pan de ses aptitudes qui étaient remises en question lorsqu’il avouait de façon éhontée avoir un problème de communication. Même s’il prit le taureau par les cornes en suivant des cours en secret pour ne pas ébruiter ce dont, finalement et au bout du compte, il avait le plus honte, s’améliorer dans ce cas précis revenait à s’abaisser et le faire dans le secret le plus absolu n’arrangeait rien à l’affaire. Hors, il me semble que pour évoluer, je veux dire, vraiment aller de l’avant, le dialogue est une priorité. Refuser d’en parler fut la première erreur de Paul. Il avait beau faire quelques tours de passepasse ici et là, la sauce ne prenait pas, car pour être crédible, il faut croire en ce que l’ont fait. Si on émet le moindre doute, aussi futile, soit-il, cela s’en ressentira. Quelque chose de faux et de pas très net en ressortira ce qui risque d’accentuer encore plus le malaise déjà bien présent. Alors quoi ? Autant rester le salaud ou le handicapé qu’on était, avec ses tares et ses grosses carences de communication ? Peut-être pas, mais s’arrêter de temps en temps sur soi, accepter déjà que l’on ait un problème est un grand pas pour l’humanité. Le tout, et revenons à nos moutons, est de savoir quoi en faire après.

 

 



Dans le cas de Paul, s’il ne réussit pas à changer, il tenta au moins d’évoluer et d’aller un peu plus vers les gens, ce que certains reconnurent et apprécièrent.

D’autres l’accusèrent de manipulation et de machiavélisme. Comme quoi la réalité est de loin pas la même pour chacun, et c’est bien en cela, qu’il est le plus difficile de s’y retrouver. Lorsqu’on parle de parents, de superhéros et j’en passe et des Superman à gogo, il va de soi que les savoir en pleine crise de doute peut être déroutants pour les enfants que nous sommes. Et ça, a n’importe quel âge de notre vie. La déroute qui peut s’en suivre peut être flippante, car même si notre superhéros était un méchant dans l’âme, un bulldozer écrasant tout sur son passage y comprit nous avec, c’est le seul modèle que nous ayons à disposition et j’irais plus loin, en persistant et signant dans la foulée, en affirmant que peu importent qu’il ait été un goujat ou un vilain canard, il reste ce pourquoi nous nous bâtîmes dans la boue lorsque les copains nous ruaient de coups pour nous faire entrer dans la tête que notre héros n’était en fait qu’un looser. Le roi des salauds.

 

 

 


Cette petite fierté en nous, même si elle vacillait comme la flamme d’une bougie en plein courant d’air, était plus forte que tout. Et peut le rester des années durant, même une fois adulte, même une fois parent, même après la quarantaine ou même la cinquantaine. Le pouvoir qu’exerce notre superhéros est imperméable au temps qui passe.

 

 


Arrive le moment crucial de ce chapitre, et pour autant qu’on y arrive… La démystification de nos géniteurs. Faire en sorte de les rendre moins importants, mais juste les voir comme deux personnes ayant tiré un coup un soir, après avoir éludé quelques verres où naquit un larbin dont personne ne savait vraiment quoi faire. Ça aussi, l’histoire de concevoir un enfant dans la pure tradition de l’amour que l’on porte à l’autre et dont le fruit sera un enfant, reste tout de même, assez légère si on le lit ainsi. Nombres de situations autres, et je ne vais pas les citer ici, démontrent combien nombres d’enfants ne sont pas conçus dans d’aussi pures intentions, mais juste pour satisfaire un besoin voire une pulsion. Peut-être est-ce une chose à retenir avant tout coït lorsqu’on désire vraiment un môme, et la symbolique de l’accouplement sera peut-être prise tout autrement en songeant aux responsabilités que cela présage. Aux changements que les cris de ce braillard annonceront avec fracas.

 

 



À ce stade, dites-vous qu’il vous faudra du courage. Beaucoup de courage. Car se départir de ses gènes ne se fait pas avec plaisir. Il y aura de la douleur, des cris et des pleurs. Et bien sûr… De la confrontation. Passage nécessaire si l’on veut voler de ses propres ailes.

 

 



Certains parents ont très bien compris ce passage obligé, ils conduisent et accompagnent leurs enfants plus qu’ils n’enfreignent les rouages de leur monture dans ce processus, y voyant dans cette démystification, un moyen comme un autre d’être et de se sentir adulte. De devenir l’égale de son père et aussi bonne pâtissière que sa mère. Si ça n’a l’air de rien, croyez-moi, ces deux situations ne coulent pas si facilement de source qu’il y paraît.

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29/08/2017
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