T O U S D E S A N G E S

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Deux solutions

Deux solutions

 

 

Je n’eus donc que deux solutions à ma portée :

 

 

a) Ou je tente de plaire et d’exister aux yeux du père pour enfin exister et me sentir vivant, donc avancer ; ce qui peut durer toute une vie, mais à cet âge, on ne peut en mesurer l’importance.

 

b) Où je l’ignore aussi bien qu’il m’ignore et me construit un autre exemple en allant le chercher là ou il y en a et je suis vivant, donc j’avance dans l’immédiat.

 

 

Au final de ces deux solutions, n’aura pas forcément l’air plus vivant celui qui s’engage sur la recherche d’un exemple digne de ce que l’on peut déjà appeler, ses convictions. En effet, celui ayant opté pour la première solution montrera tant d’enthousiasme et tant d’effort à se rendre visible, qu’on ne verra que lui. Enfin, que les autres ne verrons que lui car le succès tant escompté ne risque pas de lui tomber dessus aussi aisément.

 

Tandis que pour celui qui aura décider de chercher un autre exemple, son air absent et quelque peu désinvolte et je m’en foutiste, ne risque pas de le montrer très vivant, du moins, vivant comme on l’entend au sein de la famille et des proches, car il doit faire le deuil d’un idéal et d’un souhait paternel qu’il ne connaîtra jamais et ce n’est pas rien. Une très lourde décision qui si elle pouvait être accompagnée d’une distance géographique,  serait bien mieux tolérée dans ses chairs, mais enfant, on n’a pas le choix. On est figé et statique au sein du noyau familial, aussi ne reste-t-il plus que l’imaginaire, pour prendre de la distance, car il faut pouvoir en prendre si l’on veut s’en sortir.

           

Justement, en son for intérieur et en l’occurrence, en mon for intérieur, un feu commençait à crépiter et me réchauffer. Après que j’eus cassé tous ces carcans et toutes ces images de père modèle. Après que je me sois fais violence, car cela ne se fait pas sans séquelles et sans douleur, pour me départir de ce pater familias. Après que je me sois sentis étrange, différent, un peu comme un extraterrestre. Après que j’aie apprivoisé l’imaginaire et les mondes qu’il m’offrait pour me sauver lorsque j’en ressentais le besoin. Après que j’aie ressenti les prémisses d’une dépression plausible au sens littéral du terme, je pouvais amener dans ce petit corps, tout ce dont j’avais envie. Et comble du comble, je me voyais soudainement flanqué d’une liberté, dont jamais je n’aurais soupçonné, enfant, l’existence même.

 

J’avais perdu l’illusion d’un père qui ne me dirait de toute évidence jamais qu’il était fier de moi ou qu’il m’aimait, mais j’avais gagné une liberté devenant en un instant, le plus précieux des trésors, jamais escompté dans la vie d’un être vivant. Et ça, ce n’est pas rien.

 

Je déconstruisis donc tout ce qui emblématisait et portait l’image sacré d’une famille unie à n’égratigner sous aucun prétexte, pour me reconstruire par petits bouts de vie, par rencontres extraordinaires ou que je pensais être fantastiques, par rêves aussi, cela va de soit.

           

Je vivais, oui, je vivais, tandis que la violence se jouant devant mes yeux et l’indifférence porté à ma personne, continuait sa route, sans que cela ne me violente. Ne m’égratigne. Du moins, plus comme avant.

 

J’étais devenu un canard sur lequel glissait l’eau des orages les plus ténébreux. Je ne m’en rendais pas compte, mais j’étais en train de me fortifier, de me bonifier en ne cherchant qu’à être heureux. Et j’en trouvai de ces éclats de bonheur. J’en épousé de nombreux, sans qu’ils ne soient abîmés par une quête sans fin, dont je ne saurais peut-être jamais l’issu.

           

Je me créai un monde nouveau. Un monde doux et accueillant, aux personnages multiples. Et je n’hésitais pas à forcer dans la vraie vie les rencontres pour trouver un exemple paternel à mes attentes.

 

Le monde est vaste et les gens nombreux. Certains ne demandent qu’à rendre fier des petits bouts d’hommes ne demandant qu’un peu de réconfort. Il y a des êtres magnifiques. Des êtres s’abreuvant à la fontaine de jouvence, sans ne jamais décrocher où émettre le moindre doute quand à ses vertus. S’il y a bien une chose que cette décision m’appris, c’est bien cela. Il y a des êtres merveilleux, qui comme des planètes accueillantes, ne demandent qu’à être découvertes. A nous de nous y arrêter, de nous émerveiller. D’en prendre toutes les richesses pour aller les distribuer plus loin, comme des cailloux que l’on sèmerait pour que les quelques égarés, puissent nous retrouver.

 

 

 

 



27/11/2012
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