T O U S D E S A N G E S

T O U S    D E S    A N G E S

L'Après

L’Après

 

Et nous voilà en 2013. L’après apocalyptique et hypothétique fin du monde de ces fêlés de maya n’a pas eu lieu. Et non !

Dommage pour les croyants. Tous ces illuminés partis au Mexique avec une pancarte pour accueillir comme il faut la fin des haricots. Et vois-tu pas qu’ils ont dû revenir la queue entre les jambes et certainement flanqués d’une paire de maracas et d’une bouteille de Mezcal. Ils n’avaient pas même pris leur appareil photos pour immortaliser ce dernier instant vu qu’ils étaient certains d’être diluer dans le cosmos, et voilà qu’on va leur demander des clichés d’un pays dont ils n’auront strictement rien vu.

Bon, je parade et fais la roue devant tous ces adeptes de la cause Maya, mais je dois bien avouer y avoir aussi songé à cette fin du monde.

Quelque part, et je ne crois trahir personne en écrivant ceci, je pense que ça en aurait arrangé quelques uns, d’avoir enfin la paix. Tout recommencer ailleurs, et pour autant qu’on nous donne une autre chance.

Moi-même, ai caressé l’idée d’être libéré de mes responsabilités familiales. Avec cinq morveux pas même respectueux, je peux vous dire que c’est plus que du plein temps.

Je donne les casques et les fusils chaque matin après le réveil tant il faut batailler pour arriver à se faire un peu respecter. A commencer par l’aîné. Cette tronche de cake me botterait le cul s’il le pouvait tant il est entreprenant. C’est incroyable ce qu’il est réveillé ce gamin.

Et dire que j’étais un exemple, étant môme. Que je ne bougeais pas une oreille et étais toujours partant pour aider au ménage. Voilà où ça m’a mené. A souhaiter une fin du monde pour me soulager. Pour enfin respirer. Et ma femme qui  s’apitoie sur son statut de mère au foyer. Je t’en foutrai oui. C’est qui qui fait manger la dernière parce qu’elle ne veut pas avaler ses épinards. Qui en reprend plein la chemise lorsqu’elle me le renvoie en pleine poire. Qui démêlent la tignasse de la quatrième, qui répare le vaisseau spatial du troisième et explique comment on fait les bébés au deuxième ? C’est bibi. Maman elle, est occupée, elle doit ranger les courses qu’elle a fait durant la journée. Toute la journée. Cinq minutes pour mettre en place les denrées dans le frigo et une bonne heure et demi, à essayer les habits qu’elle a trouvé aux soldes. Ah oui ! Parce que vous aviez aussi oublié qu’il y avait les soldes. Eux au moins ont bien lieu. Ils sont fidèles au rendez-vous. Et vas-y que je type un jean troué que personne ne vit durant l’année, un chemiser à froufrou dont personne n’a voulu une saison durant tellement c’était moche, et voilà-t-il pas que les femmes se l’arrachent. Si elles le pouvaient, elles se dévisseraient la tête pour s’accaparer cette  merveille. Si c’est pas malheureux tout de même.

Oui, la fin du monde aurait été bénéfique pour ce qui est d’éradiquer tous ces allumés du petit crédit, s’endettant pour des produits de si mauvaise facture, qu’après deux repassages, les coutures péteront à coup sûr.


 

Le monde a donc continué à tourner. Il ne s’est pas arrêter une seconde. Pas même un dixième de secondes. La Terre est bien restée dans sa trajectoire. Elle n’a pas déviée d’un pet. A peine quelques millimètres, mais pas assez pour prétendre aux changements tant espérés.

Et voilà que c’est reparti pour deux-mille ans de souffrance et de yoyo en tous genres. Fais chier ! Si au moins on était foutu d’apprendre un minimum de nos erreurs, je ne dirais pas. Peut-être cela vaudrait la peine de remettre un coup de manivelle pour un deuxième tour, mais franchement, et au vu de notre parcours chaotique jusqu’à ce vingt et un décembre 2012 fatidique, rien ne montre qu’on apprenne de nos conneries. Bien au contraire.

Alors oui, je l’avoue, ce serait été un petit soulagement que de voir la lumière ou ce qui s’y apparente. Presque une délivrance. Mais au lieu de ça, je devrai retourner au boulot, timbrer à l’heure fatidique, cracher des pièces pour mon boss qui sera autant frustré que moi qu’un illuminé de Roi soleil n’ait pas désintégré en un clic, sa petite boîte de métallurgie qu’il monta et fit perdurer dans le temps, malgré les T-Rex de la mondialisation prêt à l’avaler tout cru. Pour sûr, que cet empaffé peut bien avoir la gueule enfarinée après cette fausse joie. Déjà moi je tire la gueule alors lui, avec ses responsabilités et ses dettes par-dessus la tête, je n’ose pas imaginer.

Mais je ne suis pas le seul à tirer la tronche en ce début d’année 2013. Tout le monde semble tellement abattu. Des bobines de déterrés et de crache-la mort. Des dépressifs.  Des opprimés, des  enragés pour les plus blessés, car tout n’est pas si rose au pays de bisounours, je puis vous l’assurer.


Et c’est avec ça, que je vais commencer ma nouvelle ère. Ouais ! Mon ère à moi. Celle ou je peux y mettre ce que je veux et en faire ce que bon me semble. Ce sont ces tronches de cake, qui vont m’accompagner tout au long de ces prochaines années ? C’est cette vie-là que je vais continuer et faire subir à mes ingrats de larbins ?

Non ! Je m’y refuse. Je ne vais pas faire de mon ère une épave à regrets. Une boîte à bobos et à remords. Je veux du frais, du positif. Je veux du renouveau et du réel. Je veux du bio et être libre. Oui, libre. Je veux toucher la mer, toucher le sable chaud et me faire caresser le nombril par les alizés. Encore et encore. Ouais ! Voilà ce que je veux. Enfin, c’est une image…

 

Voilà de quoi sera imbibée ma nouvelle ère. Mon ère à moi. A nous, même si les gosses râleront de ne pas pouvoir titiller la gâchette de leur Xbox.

Ils vont vite l’oublier. Ils vont vite mesurer l’importance et les bienfaits de passer ses doigts dans le crin d’un magnifique « Franches montagnes ». D’aller cueillir les œufs de nos non moins fantastiques « appenzelloises à huppées », batifoler dans l’étang avec nos surprenants « triturus cristatus » (tritons) et nous ébahir devant un magnifique coucher de soleil faisant pâlir de jalousie les plus enviés « Sunset » de la planète.

Non parce que vous ne pensiez tout de même pas que j’allais emmener tout ce monde aux Caraïbes tout de même. Je vous ai dis que je voulais du vrai. Du concret. Du réel. Quoi de mieux qu’une des plus belles régions du monde, pour faire prendre conscience à la future génération de la beauté du monde ; et de la chance de pouvoir en savourer les bienfaits ? Il n’y a pas plus merveilleux champ d’exploration pour apprendre la vie.

 

            Si je me suis bel et bien viré à grands coups de pieds dans le derrière en cette nouvelle année, ce n’est pas pour tester les transats, non. Mais bel et bien pour faire perdurer mon ère telle que je la conçois en ces lignes. Je pense que l’on peut dire que c’est un acte responsable et capable de rendre heureux.



19/01/2013
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 85 autres membres