T O U S D E S A N G E S

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L'écriture, cette folle magnifiant la vie...

L’écriture, plus qu’une amie, une folle magnifiant la vie !

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Il me semble avoir toujours écrit. Bien ou moins bien, très franchement là n’est pas le propos. Le propos ici, serait plutôt de faire un petit point sur ce que cette amie, quelquefois bien encombrante, sait me donner ou me voler. Car elle peut aussi être très possessive lorsqu’elle s’y met.

 

 

 

D’aussi loin que je m’en souvienne, c’est elle qui est venue me chercher un beau jour ou l’horreur se jouant devant mes yeux était si violente et insupportable, que je la laissai s’immiscer dans ma vie sans la moindre résistance. Je n’y comprenais rien, certes au début. Mais vraiment rien du tout. Mais quelle aubaine d’être possédé par cette folle, ne lésinant en tous les cas pas sur les moyens pour occuper mon esprit. Et c’est ce à quoi elle s’affaira dès mon plus jeune âge, non sans perturber mon rythme de vie et pour mon plus grand bonheur. Il faut dire que cette démente dépassait de loin ma culture et mon éducation. Elle me faisait sortir des phrases auxquelles j’avais peine à m’identifier. Des mots, que je ne saisissais pas toujours. Sans doute fut-ce là mon plus grand mystère et cela le restera assurément jusqu’à la fin de mes jours.

 

 

 

Grandir avec elle, rendit la vie et ce qui se jouait sous mes yeux, bien plus supportable. Les mondes dans lesquelles elle m’emportait me ravissaient et je ne pouvais refuser ses invitations à épouser l’imaginaire toujours prêt à m’emmener voyager.

Voyager, justement…

 

 

 

Je grandis donc au rythme des lignes et compris très vite (mais ceci n’engage que moi) que la vie était une grande farce dans laquelle j’avais un tout petit rôle à jouer. L’autodérision, ne pas se prendre au sérieux fut sans doute le premier réflexe qu’elle m’apprit. Et je l’en remercie.

 

 

 

Ma vie fut donc rythmée par des périodes de « démence littéraire » et de plus ou moins de lucidité. Le brouillard dans lequel cette amie aimait me mettre s’il était protecteur pouvait se targuer de rendre mes relations et mes décisions, quelque peu surprenantes. Et la surprise, j’aime ça. Avec cette amie à mes côtés, je fus donc très vite servi et n’en déplaise aux torturés, jamais oh grand jamais elle ne me laissa choir dans un caniveau de rancœur ou de souffrance. Toujours elle me tendit une main pleine d’optimisme et de petits bonheurs volés ici et là.

Ma vie fut donc marquée par une inspiration pouvant me rendre chèvre, certes, mais heureux. Heureux d’écrire, heureux de vivre, heureux d’être simplement. Elle me fit sentir si vivant, que c’en était déconcertant par moment. Ça l’est toujours aujourd’hui. Une folle je vous dis.

 

 

 

Mais son pouvoir ne s’arrêtait pas là. Ses incursions me faisaient plus souvent ressembler à un de ces chatons en proie à ses coups de folie furieuse capable de démonter la baraque qu’à un gentil garçon. Mon caractère fougueux et libre ne demandant qu’un déclencheur, pour m’ouvrir au monde, je ne pouvais qu’emprunter ce portail immense qui s’offrait à moi. L’aventurier somnolant au sein de mon usine à rêves ne pouvait qu’imploser et s’éparpiller aux quatre coins de la planète et c’est ce que je fis durant des années. Un mouvement perpétuel était né. Lorsque je voyageais, j’étais inspiré pour écrire, et lorsque j’écrivais cela me donnait des ailes pour un prochain voyage.

 

 

 

Cette folle alla même jusqu’à influer ma vie sentimentale, me mettant dans toutes sortes de situations, juste pour voir, comment j’allais me débrouiller et croyez-moi ou non, cela ne manqua pas de piment. En tant qu’observateur-auteur, je me devais et me dois toujours d’être à l’écoute et de prendre une opportunité qui se présente à moi, aussi incongrue soit-elle. Car s’il y a bien une chose importante que l’écriture a su m’inculquer, c’est l’écoute, et cette irrésistible envie d’aller vers les autres, quitte à m’égratigner le nez et les neurones. Peu importe… Toutes ces rencontres et ces expériences sont le poivre du moulin à histoires, et je crains bien être accro à vie à cette épice magnifiant la vie des plus belles couleurs et bonifiant mon être tout entier. À cette folle, je dis merci.



17/10/2017
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