T O U S D E S A N G E S

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LA MATIÈRE CRÉATRICE

LA MATIÈRE CRÉATRICE

 

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Savez-vous qu'une petite maison d'édition reçoit en moyenne, entre 100 et 400 manuscrits par mois. Qu'une grande en réceptionne entre 1000 et 5000 pour la même période. Additionnez ces chiffres entre eux et faites x plus d'une centaine de maisons et vous obtiendrez un nombre impressionnant de livres traversant l'espace et le temps sans n'avoir comme autre reconnaissance, que le tampon de la poste.

 

Imaginez le nombre d'idées, bonnes ou moins bonnes peu importe, finissant dans les méandres de l'oubli. Les histoires, situations, complaintes et vécus, jetés sans visa. Essayez de réaliser la quantité de personnages, et c'est plus grave, passés au broyeur en n'ayant pas même été une ombre, dans ce monde….

 

Et s'ils pouvaient crier ? Eux. Tous ces protagonistes des nombreux manuscrits passés à la broyeuse sans même avoir existé autre part, et c'est déjà bien me direz-vous, que dans le cerveau en ébullition d'un écrivaillon.

S'ils pouvaient ressentir, aimer comme vous et moi, le cri qui en résulterait serait plus qu'effroyable à entendre, ne pensez-vous pas ?

 

 

Et si tous ces récits, les miens y compris, n'étaient pas quelques idées griffonnées, ici et là. S'ils n'étaient pas que de simples pages, mais avaient la légitimité de vivre, comme nous tous.

 

Dans quel monde vivrions-nous à ce jour ? Dans quel décor nous trouverions-nous, vous, à me lire et moi, à écrire cette complainte ?

 

Serais-je armé d'une plume et vous d'une coiffe encombrante ?

Et si toute cette matière était vivante ? Si elle était quantitative et discutable. Si l'on pouvait passer d'une histoire à l'autre, comme se rend de la France à l'Espagne, mais uniquement par la pensée, ne serait-ce pas génial ? Ne serait-ce pas palpitant ?

 

 

Et si l'on pouvait en faire autre chose que des copeaux de papier. Imaginez les fées et les lutins passés à la trappe, uniquement parce qu'ils ont eu la malchance de se mouvoir dans un contenu ne correspondant pas au profil recherché ? À la ligne éditoriale souhaitée...

 

 

 

Et s'ils se rebellaient ! Eux tous. S'ils échappaient aux mâchoires démesurées de la broyeuse, transformant cette dernière, en un magnifique animal de légende. Waouh ! Quel bureau cela deviendrait… Une agrafeuse en licorne, un trombone en robot à tout faire. Une poubelle dévoilant un  passage découlant dans des mondes parallèles, une chaise en araignée géante vendant des cornets de glace…...

 

Bien sûr, ce n'est ici que le délire d'un auteur sans prétention, et s'énervant de temps à autre, contre un éditeur récalcitrant ou peu scrupuleux. Mais je ne vais pas ici me plaindre. Pour ma part, j'ai encore eu pas mal de chance, mais je pense aux autres. À tous ces autres, n'ayant jamais, jamais eu la chance de voir leur nom illustré la couverture d'un livre.

 

 

 

D'un autre côté, je n'ignore pas le flux constant de manuscrits recensés de par le monde, car de plus en plus de gens écrivent. Et écrivent de mieux en mieux. Mais de grâce, Mesdames et Messieurs de l'édition, avec tous les moyens de communications que vous ne pouvez ignorez à ce jour, dites juste : oui ou non. Et si c'est trop demander, un O ou un N iront parfaitement.

Ce serait bien. Ce serait même, génial. Je ne demande pas même une lettre personnalisée, vous voyez, et je sais que vous ne pourriez, même si vous le vouliez, en envoyer une à chacun des auteurs vous louant leur œuvre, qu'ils créèrent, pour nombre d'entre eux, en creusant profondément les abîmes de leur âme. Il ne faut pas l'oublier, même à notre époque, écrire reste un don de soi. Un acte généreux et risqué le plus souvent. Même en ces temps où la télé-réalité est déjà devenue banale et où se raconter sans pudeur, est pour beaucoup, un exercice ne posant aucun problème.

 

À l'heure des SMS, Texto, Tweet, Mail et j'en passe et des meilleurs, j'en appelle donc à la raison, mais surtout, au respect et à la conscience professionnelle qui me paraît avoir pris un grand coup de plomb dans l'aile, si je puis me permettre.Et pas que dans l'édition...

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03/12/2016
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