T O U S D E S A N G E S

T O U S    D E S    A N G E S

Le petit malaise

 

8e91699e-92cf-4b51-996b-c8f5962d2435-1.jpg
 

 

Le petit malaise

 

 

 

Nouvelle

 

 

 

Didier    Leuenberger

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Étincelle fugace traversant notre esprit comme une étoile filante, elle peut s’enorgueillir nous transporter dans un monde merveilleux de délices qu’aucun mot jamais ne pourra décrire. Innocente volupté secouant notre saucisse jusqu’à l’en faire vomir, elle peut se targuer de nous faire chavirer, nous, les hommes, après que nous ayons accusé ce doux petit malaise.

Nous rendant si vulnérables et si puissants à la fois, il peut se vanter de nous faire perdre la tête, tant il nous transporte.

Transis d’un désir dont nous ne pouvons nous détourner, léchés de nos fantasmes les plus inavouables, dragués par une délivrance pressée de nous sentir heureux, nous sommes exhortés par ce malaise à recommencer et recommencer encore, tant ce qu’il nous donne et nous prend à la fois se veut bon et bienfaisant. Une décharge picotant jusqu’à nos sens les plus dominés ou que nous pensions maîtriser et se retranchant dans un inconscient que nous ne pouvons, que nous ne voudrions contrôler de toute façon pour rien au monde.

 

 

Petit jet de vie explosant et faisant trembler notre corps tout entier. Magnifique érosion des sens se retranchant jusque dans les recoins les plus insondables de notre cerveau. Ultime explosion à chaque fois qui, au demeurant, se veut réitérer sa domination à peine quelques instants plus tard lorsque notre endurance nous le permet.

Étourdissante jouissance se jouant de nos us et coutumes, de notre éducation. Fraction de secondes troublantes nous rendant si vulnérables en vérité et nous ramenant non sans une certaine nostalgie à nos premiers émois et au statut de petit garçon.

Moment d’égarement où il nous est impossible de penser à autre chose qu’à ce que nous ressentons en cet instant de félicité et de concupiscence. Délicats fatras d’émotions cognant notre intérieur dérouté.

Minutes affriolantes nous laissant choir sur une couche humide de sueur, seule trace véritable de ce petit malaise. Célestes minutes nous faisant serrer les dents et nous crisper jusqu’au plus petit orteil, nos muscles bandés jusqu’à nous flanquer de viles crampes.

Bienfait nous amenant aux portes de la douleur, nous faisant perdre pieds, avant de nous endormir comme des bambins à chaque fois, lorsque notre zizi redevient ballant et souple, cet ingrat.

 

 

 

Nous voudrions que ces montagnes russes ne cessent jamais, que notre baguette soit plus que magique et épouse une constante dureté. Nous aimerions lui en vouloir de se rétracter après tant d’assurance et de tirer sa révérence, mais nous ne savons que trop bien combien ce seront toujours les moments amenant à l’oscillation de notre biniou qui seront les plus haletants et les plus soutenus, les plus déroutants et les plus enchanteurs.

 

 

 

 

 artimage_208776_3845172_201112204831935.pngt.png

 

© Tous droits réservés Didier Leuenberger. Respectez le travail de l’auteur. Respectez la créativité.



04/11/2012
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 85 autres membres