T O U S D E S A N G E S

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Les bons sentiments

Les bons sentiments

 

                                     

 

Et voilà, c’est reparti pour une tranche de bleuet. Cet imbécile de Marcel n’a rien trouvé de mieux que de tomber amoureux et lorsqu’il est amoureux, et ben mon marcel il n’est pas très performant pour ce qui est de me tenir éveillé. Il faut dire et après avoir discutaillé avec d’autres zizis, que cet état ne sied pas à tous les hommes et peut engendrer l’opposé des attentes de la donzelle ou du zèbre espérant son sucre d’orge, c’est selon.

 

Marcel lui, il n’a pas de problème avec ça. Il me fout ça sur moi, me rend entièrement responsable de ces penchants devenant de plus en plus responsables ces derniers temps, mais au fond de lui, il sait que c’est dans sa tête que tout se passe. Bref ! Je m’éloigne du sujet…

 

Ah ! Oui, le romantique. Romantique mon gland, oui… Un tue la trique ! Un repousse bite ! Un étrangle nœud, voilà ce qu’est le romantisme pour nous les zizis. Comment voulez-vous qu’on fasse bien notre boulot quand notre bellâtre d’hôte à la bouche en forme de cœur et les yeux qui pissent l’amour ? C’est impossible. On a beau secouer comme jamais les coutures de son caleçon, on n’y peut rien… Enfin, au début. Car je sais que tôt ou tard, Marcel me mangera dans le prépuce. Il me suppliera d’être ferme et ne me pardonnera aucune faiblesse. Encore faudra-t-il qu’il éloigne cette foutue émotion. Une belle conne celle-là quand j’y songe ! Une emmerdeuse de première me faisant tousser toujours trop tôt. Au mauvais moment et à l’instant le plus crucial. Je lui ai déjà fais comprendre qu’on n’avait pas besoin d’elle. Qu’il fallait s’en débarrasser une fois pour toute, mais non…. À chaque fois elle s’immisce, se répand comme de l’encre sur un buvard jusqu’à lobotomiser Marcel et en faire ce qu’elle veut. Et qui c’est qu’en fait les frais ? Je vous le demande ?

 

Non ! Je ne peux pas laisser Marcel  tomber amoureux. Si je veux être un peu crédible envers mes collègues, je me dois de freiner cette gangrène le rongeant de l’intérieur. Il est impératif que je stoppe cette course aux sentiments et que j’impose ma loi. Je sais, ce n’est pas très sympa vis-à-vis de mon hôte, mais je vous l’ai déjà dis, nous sommes diamétralement opposés tous les deux. Singulièrement aux antipodes. C’en est déprimant. Rageant, de devoir me battre contre l’amour, sachant que ce sera toujours moi le maudit. Mais bon… au bout du compte, Marcel me remerciera j’en suis sûr, car qui mieux que moi sait ce qu’il lui faut pour le sentir épanoui et heureux ?

 

 

 © 2009 - Didier Leuenberger - Tous droits réservés.       



03/12/2009
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