T O U S D E S A N G E S

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Les meilleurs ennemis du monde Où lorsque le zizi obéit à l’appel de la nature

 

Les meilleurs ennemis du monde

 

Où lorsque le zizi obéit à l’appel de la nature

 

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Et voilà, c'est reparti pour une tranche de bleuet. Cet imbécile de Marcel n'a rien trouvé de mieux que de tomber amoureux et lorsqu'il est amoureux, eh ben mon Marcel il n'est pas très performant pour ce qui est de me tenir éveillé. Il faut dire et après avoir discutaillé avec d'autres zizis, que cet état ne sied pas à tous les hommes et peut engendrer l'opposé des attentes de la donzelle ou du zèbre espérant son sucre d'orge, c'est selon.

 

 

 

Marcel lui, il n'a pas de problème avec ça. Il me fout tout sur le dos, me rend entièrement responsable de mes petites défaillances dues à ses penchants bleuets, mais au fond de lui, il sait que c'est dans sa tête que tout se passe. Bref ! Je m'éloigne du sujet…

 

 

 

Ah ! Oui, le romantisme. Cette invention humaine faisant les beaux jours des poètes et rendant le plus actif des reproducteurs en oie blanche...

 

Romantique mon gland, oui… Un tue la trique ! Un repousse bite ! Un étrangle nœud, voilà ce qu'est le romantisme pour nous les zizis. Comment voulez-vous qu'on fasse bien notre boulot quand notre bellâtre d'hôte à la bouche en cœur et les yeux qui pissent l'amour ?

 

 

 

C'est impossible. On a beau secouer comme jamais les coutures de son caleçon, on n'y peut rien… Enfin, au début. Car je sais que tôt ou tard, Marcel me mangera dans le prépuce. Il me suppliera d'être ferme et ne me pardonnera aucune faiblesse. Encore faudra-t-il qu'il éloigne cette foutue émotion. Une belle conne celle-là quand j'y songe ! Complice comme cochon avec le temps et ce qu'il engendre comme relations durables, comme mariages solides, voyant s’effriter comme de l'argile, ce désir nous seyant si bien, à nous les zizis pour laisser place à une tendresse envahissante. Une fonction nécessaire à nos levées de Drapeau journalières, à nos incursions en tous genres, rendant si belle la vie de nos hôtes. Un désir se consumant comme peau de chagrin si rien n'est fait pour le maintenir éveillé, pour l’attiser et le faire progresser plutôt que de l'ankyloser jusqu'à presque oublier notre option butor et reproducteur. Comme si l'amour suffisait... Tssit !!! Laissez-moi rire ! Celui-là et excusez-moi d'être brutal, reste un bel enfoiré par moments. Un balourd nous empêchant de nous élever et de remplir notre mission. Un tombeur de la passionata, un torpilleur des petites folies, des fantasmes les plus fous, dressant au rang de demi-dieu intouchable, ces endroits que nous chérissons ; ces moments que nous quémandons encore et encore comme si nous avions à faire à une Sainte Vierge où un sauvageon à ne toucher sous aucun prétexte.

 

 

 

Oui cette foutue émotion se veut être une emmerdeuse de première me faisant tousser toujours trop tôt où louper le coche. Au mauvais moment et à l'instant le plus crucial. Je tente de faire comprendre à mon hôte qu'on n'a pas besoin d'elle. Qu'il faut s'en débarrasser une fois pour toutes, mais non… À chaque fois elle s'immisce, se répand comme de l'encre sur un buvard jusqu'à lobotomiser Marcel et en faire ce qu'elle veut. Et qui c'est qu'en fait les frais ? Je vous le demande ?

 

 

 

Non ! Je ne peux pas laisser Marcel tomber amoureux. Si je veux être un peu crédible envers mes collègues, je me dois de freiner cette gangrène le rongeant de l'intérieur. Il est impératif que je stoppe cette course aux sentiments et que j'impose ma loi en me dressant lorsque d'autres tentations nous croisent. Des mirages sortis tout droit de son imagination débordante et de ses attentes les plus inavouables. Je sais, ce n'est pas très sympa vis-à-vis de mon hôte, mais je vous l'ai déjà dit, nous sommes diamétralement opposés tous les deux. Singulièrement aux antipodes. C'en est presque déprimant. Rageant, de devoir me battre contre l'amour, sachant que ce sera toujours moi le maudit. Toujours ma responsabilité si d'aventure, la tromperie s’immisce dans cette love story, l'adultère saborde les espérances les plus profondes et les attentes les plus heureuses. De tout ça je suis responsable, bien que poussé par ce désir insatiable et redoutable, n’hésitant pas à saboter tout semblant d'idylle. Face à son énergie et sa folle passion, je ne suis qu'un pion, qu'un petit soldat allant à la guerre, fusil en main et prêt à faire feu au moindre mouvement. Comment lutter contre un vent si puissant ? Contre un tel Seigneur ?

 

 

Il m'est impossible de lutter, tiraillé par la bienséance de mon bellâtre et les courants incessants d'un désir en proie aux démons hormonaux les plus éclatants et bien taillés. A cet appel de la nature indétrônable et inévitable. Je ne peux lutter contre çà, moi qui suis né pour obéir à leurs désirs les plus colossaux et dépourvu de conscience. Je ne suis qu'un coche servant la vie et n'ayant aucun bouton "reset" pour une quelconque remise en question.

 

 

 

 

Nous pouvons bien nous combattre chacun dans son abîme et sa raison d'être, ce qui fait de nous, les meilleurs ennemis du monde. Et puis ma foi… au bout du compte, Marcel me remerciera j'en suis sûr, car qui mieux que moi sait ce qu'il lui faut pour se sentir épanoui et heureux en tout grand homme qu'il est ?

 

 

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 © Didier Leuenberger - Tous droits réservés.      

 

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11/08/2017
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