T O U S D E S A N G E S

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LES IMPOSTEURS

LES IMPOSTEURS

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Avoir sans cesse des doutes et penser qu’on est illégitime dans le succès d’un projet qu’on a mené à bien, par exemple, est un syndrome portant un nom, dont bien peu de gens connaissent l’existence même.

 

Les imposteurs, sont des besogneux le plus souvent, peu satisfaits d’eux-mêmes et sans cesse en recherche de la satisfaction voir de la perfection. Pour les boss, c’est une aubaine, même si ce genre d’employé risque de s’épuiser à la tâche, mais c’est aussi l’occasion de sous-payer un travailleur sans qu’il n’ait quelque chose à redire.

 

Moi-même, qui ai découvert cette vérité depuis peu, me suis rendu compte que j’étais atteint de ce syndrome, même si je n’en ai pas l’air et ai l’air plutôt sûr de moi, il y a toujours ces satanés doutes tarabustant mon intérieur et me disant que je ne mérite pas telle ou telle bataille gagnée ou tel ou tel succès. Mais là où le bât blesse le plus dans mon cas, c’est dans l’écriture, car depuis toujours, j’avais cet étrange sentiment venant de je ne sais où que je n’étais pas un auteur légitime. Peut-être est-ce dû en partie, à mon parcours atypique, car j’ai préféré cacher ce don si c’en est un, plutôt que de me le faire démonté par un pervers qui s’en serait donné à cœur joie à n’en pas douter. On est malin, et les imposteurs encore bien plus, car tout semble question de survie pour eux. Ils inventent des stratégies pour arriver à leurs fins, mais ne s’en sentent pas légitimes, c’est tout de même paradoxal comme attitude, mais tellement vraies et fréquentes comme situations.

 

Il nous semble être de vilains petits canards et porter sans cesse le bonnet d’âne alors que nous évoluons parfaitement dans cette société ou la compétition devient de plus en plus rude et malsaine. Il y a de quoi flipper en effet et le temps qui passe ne fait rien pour arranger les choses, bien au contraire. Chaque jour, des imposteurs naissent et se voient en proie à d’interminables et insolvables doutes qui semblent pourrir leur vie. Jusque dans leur couple, cela peut avoir un impact, car il n’y a pas que dans le milieu professionnel, même si c'est en majorité en ces endroits qu’il est le plus relevé, mais dans la vie de tous les jours, il peut avoir un impact qui peut gâcher bien des plaisirs et casser nombre de rêves. Pour avoir travaillé avec des jeunes en rupture sociale, je puis affirmer ici qu’il est fort difficile de se sortir de cette spirale infernale. Et que même une fois en dehors de ce cercle vicieux, la moindre remarque pourra déstabiliser et nous refaire plonger dans les doutes. Car il faut bien admettre qu’on ne naît pas Imposteur, ce n’est pas inné, mais bien une casserole construite de toutes pièces que l’on nous colle sur les épaules et que l’on trainera longtemps derrière nous. Les Imposteurs sont le fruit pour les moins chanceux, de manipulateurs hors pair, de gens sans scrupule et sans le moindre respect, sans la plus petite compassion.Ce sont les créatures de Frankenstein, et ils souffrent en silence, vivent cachés ou du moins dissimulent leurs petites victoires, les éclats capables de faire briller leurs yeux, car la souffrance ressentie est profonde. À tel point que même le bonheur, ils ne s’en sentent pas légitime, et croyez bien que je sais de quoi je parle ici.

Commence, pour les plus fortunés, une longue quête de soi, un périlleux et grand voyage, avec à la clé, le moyen de se trouver soi-même et s’estimer. Car la mauvaise estime de soi vient de là le plus souvent, et peut nous coller à la peau toute une vie, si aucune prise de conscience n’est tentée ; si aucune aide ou aucun encouragement jamais ne sont alloués. Si aucune main ne nous est tendue pour nous emporter, le cœur un peu plus léger, vers des lendemains dont nous pourrons être fiers sans rougir.

Je suis certain que beaucoup se reconnaîtront dans cette petite description, des dizaines, des centaines d’imposteurs. De merveilleux et talentueux Imposteurs n’attendant qu’un mot, qu’un encouragement, qu’un compliment, qu’un geste pour briller le temps d’une satisfaction, le temps d’un ravissement et d’un bonheur, car tant que ce syndrome nous habite, la possibilité d’être heureux, d’être pleinement heureux, se vois difficilement réalisable.

Maintenant que nous l’avons décelé et reconnu, à nous, de faire en sorte que le mot Imposteur rime avec Bonheur et laisse sa place à la vie…

 

Voici ce qu’en dit Wikipédia :

 

Les personnes atteintes du syndrome de l’imposteur, appelé aussi syndrome de l’autodidacte, expriment une forme de doute maladif qui consiste essentiellement à nier la propriété de tout accomplissement personnel. Ces personnes rejettent donc plus ou moins systématiquement le mérite lié à leur travail et attribuent le succès de leurs entreprises à des éléments qui leur sont extérieurs (la chance, un travail acharné, leurs relations, des circonstances particulières). Elles se perçoivent souvent comme des dupeurs nés qui abusent leurs collègues, leurs amis, leurs supérieurs et s’attendent à être démasquées d’un jour à l’autre.

Notion en psychologie ou en psychiatrie

 

Le terme est inventé par les psychologues cliniques Pauline Rose Clance et Suzanne A. Imes en 19781.

Il s’agirait en l’occurrence d’un fantasme masochiste sapant les mécanismes narcissiques et polluant l’existence du sujet affecté. 60 à 70 % des personnes douteraient, à un moment ou à un autre de leur carrière, de la réalité ou de la légitimité de leurs succès2. Ces pensées négatives sont généralement dépassées par une certaine clairvoyance, mais elles peuvent finir par devenir invalidantes. Ce syndrome est notamment sensible parmi les types d’enfants et d’adultes perçus comme à haut potentiel, ou plus couramment nommés surdoués.

Pour d’autres3, le complexe de l’imposteur est lié à la peur de réussir et empêche les personnes qui en sont victimes de développer pleinement leur potentiel. Inconsciemment convaincues que leur réputation est usurpée, ces dernières fuient toute possibilité qui leur permettrait d’aller encore plus loin. Ces personnes vivent dans le doute et pensent qu’un jour elles seront démasquées et que quelqu’un fera la preuve de leur incapacité4.

Stratégies de défense

C’est cette crainte d’être démasqué qui pousse l’imposteur à mettre en œuvre des stratégies pour masquer l’escroquerie dont il se sent coupable. La stratégie overdoing consiste, par rapport à une tâche à accomplir, à investir une très grande énergie. Ceci permet à la personne d’attribuer à cette grande quantité de travail le succès de l’entreprise et non à ses compétences réelles. La stratégie underdoing prépare la personne à l’échec, pour lequel elle a une explication toute faite et d’attribuer à la chance ou à un contexte particulier les raisons de la réussite éventuelle. Dans les deux cas, ces stratégies viennent renforcer le syndrome.

 

  • · 1 (en) Pauline Rose Clance, Suzanne A. Imes, « The imposter phenomenon in high achieving women: Dynamics and therapeutic intervention », Psychotherapy Theory, Research and Practice, vol. 15, no 3,‎ 1978, p. 241–247 (DOI 10.1037/h0086006, lire en ligne [archive])
  • · 2 Le complexe d’imposture, ou, Comment surmonter la peur qui mine votre réussite, Pauline Rose Clance, édition Flammarion (1992), (ISBN 978-2080648778)
  • · 3 La mesure du succès [archive] Bulletin RBC, Vol. 68, N° 1 — Jan./Fév. 1987 Paragraphe Le complexe de l’imposteur et la crainte de réussir
  • · 4 Le complexe d’imposture [archive] Diane Desharnais, CRHA, La Presse, 16 sep. 2006.

Sources : Wikipédia

 

5 indices pour démasquer le syndrome de l’imposteur

Les auteures du concept du syndrome de l’imposteur

Le syndrome de l’imposteur aurait été identifié vers la fin des années 70 par Pauline Rose Clance et Suzanne Imes, professeures de psychologie à l’université de Georgie aux États-Unis, lors d’une recherche réalisée auprès de femmes cadres dirigeantes. Ce qui explique probablement que le syndrome a davantage fait son chemin du côté féminin que masculin. Elles voulaient comprendre pourquoi certaines cadres professionnelles se montraient incapables d’assumer leur réussite.

Voici cinq indices vous permettant d’identifier le syndrome de l’imposteur chez vous ou au sein de votre équipe de travail.

1. Renie le succès, car elle ne se sent pas à la hauteur des compétences qui lui sont reconnues. Croit qu’on ne mérite pas la promotion, les félicitations, le succès, à la suite d’un bon coup ou lors d’une progression professionnelle rapide. Attribue plutôt son succès à la chance, au hasard et se persuade qu’on va découvrir combien on s’est trompé à son sujet.

2. Doute de ses compétences au moment d’une promotion vers un poste de direction, lors de l’attribution de nouvelles responsabilités ou lorsque la personne doit superviser des gens qui ont des niveaux de scolarité supérieurs au sien.

3. Remet à plus tard des décisions importantes non pas à cause d’indécision ou d’incompétence face à la tâche, mais plutôt parce que la personne a le sentiment que ses décisions peuvent la mettre en situation d’être démasquée ou que l’on puisse voir au grand jour combien elle n’est pas à la hauteur.

4. Prend la fuite au moment de rendre des comptes, de prendre la parole en public ou de se retrouver devant les feux de la rampe, la personne s’esquive, trouve un prétexte, nomme un remplaçant, annule, reporte ou prend congé. Elle a véritablement le sentiment qu’en réalisant la tâche qui la mettra en valeur, on verra bien qu’elle est un imposteur.

5. Travaille de façon excessive devient exigeante face à elle-même, perfectionniste et travaille davantage, sans qu’on lui ait demandé de le faire. Ou bien cumule une variété de formations, parfois même sans transférer ses acquis dans son milieu, toujours sous la croyance qu’elle n’a pas assez de compétences.

L’importance de la connaissance de soi et de la pleine conscience

En apprenant à devenir conscient de ses pensées dévalorisantes et à les observer sans leur donner raison et sans jugement, on peut arriver à désamorcer ce conditionnement. Il peut être utile de valider ses perceptions auprès de collègues ou auprès de son supérieur immédiat. Souvent, ça replace les choses dans leur contexte et de façon objective.

Références sur le syndrome de l’imposteur

Rose Clance, Pauline (1992). Le complexe de l’imposture : ou comment surmonter la peur qui mine votre sécurité, Flammarion.

Site de la psychologue Pauline Rose Clance (plusieurs références)
Manfred Kets de Vries (1995), Leaders, fous et imposteurs, Eska.
Cannone, Belinda (2009), Le sentiment d’imposture, Folio.
Beauduin, Andrée (2007), Psychanalyse de l’imposture, Le fil rouge.

 

 

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14/02/2017
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