T O U S D E S A N G E S

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Les Stressés

Les Stressés  

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Si le stress peut vous faire prendre du poids, ce n’est pas seulement parce que vous vous réfugiez dans des aliments proscrits pour vous soulager. Comme une étude récente vient de le mettre en lumière, la pression que vous vous infligez suffit à vous engraisser. Il est assez commun de se jeter sur une friandise à la fin d’une journée éreintante, mais même sans ces petits saluts bien agréables, le stress provoque la génération d’une cellule grasse baptisée Adamts1.


Le gras qui s’accumule autour des organes comme le pancréas et le foie augmente les risques de diabètes et de problèmes cardiaques. Les chercheurs de l’université de Stanford se sont penchés sur une étude conduite par l’University College London en 2015. Celle-ci avait étudié le lien entre un travail exigeant et la prise de poids. D’après ses conclusions, un environnement stressant aboutissait à un régime malsain, et les personnes qui travaillaient dans de tels environnements avaient 20% de risques en plus de devenir obèses. Ceux qui prenaient du poids à cause de mauvaises habitudes alimentaires avaient plus de cellules évoluant dans la graisse qui entouraient leurs organes internes.


Bien que celle-ci ne soit pas toujours apparente, elle est mauvaise pour la santé, et si l’étude menée à Stanford ne détermine pas qu’elle soit la cause exclusive de l’obésité, la cellule Admants1 constituerait un facteur important. De fait, le stress ne ferait qu’empirer une situation déjà alarmante. « Nous pensons qu’elle n’annonce rien de bon, puisqu’elle emmagasine autant d’énergie que possible, a expliqué le docteur Briand Feldman, auteur principal de l’étude. Vous ingérez de la nourriture, et un signal doit demander à votre corps de créer plus de graisse. Nous ne savions pas ce qui déclenchait ce processus dans le corps. Cette nouvelle étude permet de remplir certains trous. » Les conclusions de l’étude ont été publiées dans la revue Science Signalling.


Voilà pour la partie scientifique et afin d’entrer en matière sans ne paraître trop alarmiste ou romancier. On me la fait souvent celle-là : « Oh ! Mais t’as bien trop d’imagination ! » faisant référence à mon statut d’auteur lorsque j’annonce la couleur ou affirme une vérité que certains n’ont pas envie d’entendre.


Alors quoi ? me direz-vous. Réalité ou supercherie ? Ragot scientifique ou vrai problème dont nous devrions tous être plus attentifs et inquiets ?


Et bien ma fois, si je puis dire, il me paraît évident et je le crains, que tout ce charabia scientifique soit des plus sérieux. Et l’expression « Je grossis rien qu’en regardant des pâtisseries en vitrine prend tout son sens ici ».


Il va de soi, et après une investigation pour mon dernier manuscrit sur le monde du travail Le Manipularium, qu’il y a un malaise. Un grand malaise, même, faisant gonfler nos collègues à vue d’œil alors même, qu’ils s’acharnent à transpirer sur les tapis roulants d’un fitness. Rien qu’en y repensant, j’ai les poils qui se hérissent et à juste titre.

 

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Je vais essayer d’être le plus léger possible comme à mon habitude, dans les émotifs, mais je l’avoue, c’est un sujet et après les nombreux témoignages que j’ai pu récolter, qui ne fait pas vraiment rire…


Nous sommes dans un monde de dingue, je ne vous apprends rien en vous disant cela. Mais là où le bât blesse le plus, c’est que ce monde de dingues s’est étendu comme un virus récalcitrant et des plus virulents. Une peste de nos temps modernes laissant pour compte, nos intentions les meilleures quant à nous faire du bien, à prendre soin de nous, à être bienveillants envers les autres… Des grandes phrases me direz-vous ? Attendez de lire la suite !

 


Je ne serai pas le premier ici à tirer la sonnette d’alarme quant à des conditions de travail de plus en plus épouvantables. Presque tout le monde (excepté peut-être les big boss des plus grandes multinationales) sera d’accord pour dire que quelque chose ne tourne plus rond dans ce domaine. Que les conditions deviennent de plus en plus effrayantes alors que les compagnies ne font jamais autant de bénéfices. Que plus nous devrions nous rapprocher du revenu universel par la force des choses, mais surtout par notre faute (robotisation et technologie nous volant notre travail) et plus cela semble utopique. Ou du moins, c’est ce que tentent de nous faire croire l'intelligentsia. Une incohérence de plus à marquer au feutre rouge, tant elle est absurde, seulement voilà, redonner en monnaie une partie des richesses au lambda n’est pas une mince affaire pour bien des magnats de l’industrie & Co. Permettre au petit ouvrier et oui, j’ose prononcer ce mot qu’on a tant voulu valoriser en le transformant au fil du temps en toutes sortes d’autres équivalents, ne semble pas avoir la même connotation ou la même résonnance dans nos crânes de citoyens moyens que dans ceux de nos dirigeants. Donner un revenu permettrait une plus grande liberté, et ça, je ne suis pas convaincu que beaucoup de gros lascars aux commandes des paquebots de l’économie les plus influents soient prêt à le céder. Vous imaginez ce que cela signifierait ? Que nous gagnerions non seulement en temps, une liberté bien méritée, mais également en moyenne, car ce bonus pourrait faire pousser des ailes à certains créateurs en tous genres. Et ça, aujourd’hui plus que jamais dans un monde où l’on veut tout contrôler et surtout cadenasser nos audaces, est tout simplement inimaginable.


Mais où est-ce que je veux en venir me direz-vous ? Pourquoi vous faire poiroter sur les bons mots venant le plus souvent dans ce genre de chronique, dessiner un sourire sur vos lèvres ?
Et bien là où nous arrivons justement…


Oubliez les girouettes paniquant et qui courent dans tous les sens lorsqu’on leur donne un travail ou qu’ils doivent se rendre à un examen. Oubliez les clichés, les bègues et les tocs en tous genre, car ce genre de profil n’existe plus vraiment. On les éradique de nos sociétés par toutes sortes de procédés et de spécialistes pour les rendre bien lisses. Non, aujourd’hui, le stress est plus sournois, plus tenace aussi et plus discret. On l’a muselé comme on peut museler un gêneur pour en faire une singularité maitrisée. Dans ce monde lisse qu’on dit ou veut presque parfait, les stressés ne sont plus ceux d’antan, ils n’en n’ont pas l’opportunité ni le temps, et je pèse mes mots.


Non, les stressés ont plongé dans un monde obscur et nébuleux. Un monde ou leurs maladresses, drôles pour certaines et les singularisant, se sont ternies, pour se diluer dans une soupe bien terne. Tentant de les faire ressembler à tout un chacun pour qu’au moins, ils ne fassent aucune vaguelette.

 
Qu’est-ce que c’est que cette foutue nostalgie ? me direz-vous. Peut-être n’en n’est-ce pas. Peut-être est-ce juste un constat rappelant que ce qui fait la richesse de notre humanité, c’est justement ces différences. Et les stressés en font/faisaient partie comme bien d’autres.
Le stress, aujourd’hui, est un fourbe que l’on ne nomme plus comme tel. Un Xénomorphe ignoré, mais que nombre de quidams adorent montrer comme un trophée. Qui n’a pas entendu « Je suis overbooked » « Je ne sais plus où donner de la tête » et j’en passe et des meilleures… Il est devenu ce garant de l’être occupé et par là même de l’être vivant, reléguant au rang de figurant toute autre notion de vivant. Ainsi celle ou celui, s’octroyant du temps à la contemplation de notre belle nature se voit fustigé ; celle ou celui, s’adonnant au farniente montré du doigt ; celle ou celui décidant de ne rien faire l’espace d’une heure ou moins, houspillés. À remettre dans le rang, sur le droit chemin de l’homme moderne usant tout son temps à lui courir après. Un fléau pour certains sages, le seul vrai sens de la vie pour d’autres… À tel point, que ceux espérant au fond d’eux-mêmes, pouvoir s’octroyer le luxe, car c’est perçu comme tel, de s’accorder du bon temps et de peut-être, entrer en communion avec eux-mêmes est abrogé avant même d’être tangible. Car s’ils ont l’impression d’exister au regard d’une société essoufflée, ils ne se sont jamais sentis si éloignés d’eux-mêmes, et voici qu’arrive notre cellule grasse baptisée Adamts1 et nous faisant grossir, pour certains. Une cellule peut-être plus importante qu’un simple rapport scientifique, nous faisant, au même titre que notre corps peut somatiser pour tirer la sonnette d’alarme, prendre conscience d’un mal, fléau ou appelons-le comme bon nous semble, capable d’anéantir nos rêves les moins audacieux et d’abolir cette prise de conscience et cette remise en question si utiles à l’évolution…

 


À méditer…

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27/01/2017
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