T O U S D E S A N G E S

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Mélancolia

Mélancolia

 

Nouvelles sociétales

 

 

didier leuenberger

 

 

Voici un projet conséquent, sérieux bien que mélangeant fiction et réalité. Ayant un pied dans le social depuis quelques années, devant rendre un mémoire l'année prochaine sur un sujet me tenant à cœur, je trouve intéressant de pouvoir utiliser ce qu'on apprend d'une formation et du vécu de tous les jours, afin de le transposer dans une fiction.

Il y aura avant chaque nouvelle, une note sur par exemple comme ci-dessous, la différence. Tous étant des sujet de société brûlants et auxquels nous sommes confrontés dans notre travail de tous les jours.

Un monde de fiction pour comprendre le monde réel, à moins que ce ne soit le contraire.

Un ensemble de nouvelles et de réflexion sur notre belle société.

Extrait :

 

 

La différence :

 

Il y a en chacun de nous une singularité qui fait ce que nous sommes. Vouloir l’amenuiser ou la faire disparaître serait bien triste si d’aventure, il nous prenait à penser qu’elle ne nous amène que des problèmes au lieu de nous servir. Qui plus est, lorsqu’on travaille avec des gens que l’on dit différents, la perception de la différence  peut s’avérer tout autre de ce que pense la majorité des gens de notre belle et rutilante société.

 

Pour commencer je pourrais dire ici que nous naissons tous égaux. Bon, c’est une belle et grande phrase me direz-vous, juste de surcroît mais qui ne semble pas si juste qu’il y paraît.

 

Et vous n’avez pas tout tord de penser ainsi. Il est vrai que suivant quel critère l’on évalue ce constat il peut s’avérer effectivement qu’il y a de l’injustice… Mais parlons ici de l’humain et que de l’humain. Cette matière noble. Cette matière incroyable s’habillant de tant de manières, de tant de couleurs, qu’elle rivalise avec les étoiles les plus enluminées recensées dans le ciel. Une richesse incroyable pour certains, une source éternelle de conflits, de peurs et de craintes les plus diverses pour d’autres.

 

Qui a raison ? Qui dit la vérité si vérité ? Sans doute les deux, à n’en pas douter. Mais notre intelligence et notre conscience que certains disent plus évoluées que chez nos amis les bêtes, ne devraient-elles donc pas nous permettre d’évincer toutes ces peurs face aux différences ?

 

Je pense souvent à la manière systématique qu’ont les gens à absolument vous mettre une étiquette sur le dos. Ce besoin de vous catégoriser et peut-être le faites-vous inconsciemment semble rassurer et permettre d’enfin être soi-même avec les autres.

 

Le fait de ne pas pouvoir vous cerner peut provoquer un vrai malaise. Tentez l’expérience un soir ou à un repas avec des gens que vous ne connaissez pas ; ne répondez qu’à moitié, qu’à demi-mot sans jamais ne rien dévoiler. Vous verrez qu’un léger froid s’immiscera dans les échanges, et une distance sera prise envers vous sans qu’ils ne le décident forcément. Cela semble un instinct primaire, une réaction innée. Pourtant, si vous observez nos enfants, que vous en mettez deux l’un face à l’autre, d’une autre couleur par exemple ou d’une toute autre culture, ils n’hésiteront pas une seconde à aller vers l’autre pour voir, tester et tâter cette différence s’offrant à eux…

 

Que se passe-t-il donc au cours de nos vies pour qu’à l’âge adulte, nous soyons et devenions si craintifs face à cette différence s’offrant à notre regard. Pourquoi donc la plupart des gens la fuie ou tenteront de la faire entrer dans le moule plutôt que de l’accepter telle qu’elle est ?

Notre éducation est-elle à ce point mauvaise ? Nos us et coutumes, autant ségrégationnistes et censurant ? Que se passe-t-il pour qu’un tel changement de comportement s’effectue ? Quel est le grain de sable déstabilisant soudainement si bien la machine ? Quelles sont les influences ? D’ou nous vient cette méfiance ?

 

J’ai grandis avec une cousine trisomique, mais jamais à aucun moment l’idée même de penser qu’elle était différente, mis à part sa force que j’imaginai plus de la science fiction qu’une quelconque anormalité, ne m’ont effleuré l’oreille. Jusqu’à ce qu’un jour le mot « mongol » sorte de la bouche de quelqu’un, avec tout ce que cela comporte de craintes, moquerie et discrimination que cela englobe.  Mais avant cela, avant que je ne ressente cette peur dont ces adultes (source de la connaissance, des valeurs et de la justice) tentent de se débarrasser en nous la transmettant, jamais la différence ne m’avait effrayé, bien au contraire. Car ce qui rendait encore plus extraordinaire cette cousine, c’était bel et bien sa différence, en plus de sa personnalité bien trempée. Elle était un rubis dans la nuit, m’attirant, malgré moi. Un joyau qui me permettait de me comparer et de découvrir le vrai monde.

 

A quelle période de nos vies, inventons-nous ces chimères et deviennent-elles des références ? Comment et par quelle magie font-elles tout imploser en notre for intérieur, y compris notre bon sens ? Notre instinct se veut limé comme un vulgaire morceau de silex alors que nous nous amusions si bien avec une personne si différente de nous. 

 

 



02/02/2013
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