T O U S D E S A N G E S

T O U S    D E S    A N G E S

Mon Autre


Découvrez Emily Loizeau!

                    Mon Autre

 

 

 

 

 

Support dessin : Image Used by permission

Avec l'aimable autorisation de Michael Breyette www.breyette.com

 

 

 

 

 

Voilà ce qui découla de cette nuit de folie avec mon amant d'écrivain. De cette nuit de laquelle sortit vainqueur la seule personne absente de ce lit : mon amour, mon ami, mon autre : celui par qui le vent souffla différemment sur mes landes. Celui voyant par-dessus mon épaule lorsque assoupi, je m'évadais vers d'autres mondes. Au-delà de mes songes. De mes rêves…

 

Il avait gagné cette bataille et ce,  même à des lieues à la ronde. Il pouvait revenir triomphant et la tête haute, ce doux amant, car je ne l'avais point trahi, et purs étaient nos sentiments.

Nous pouvions toucher toutes les peaux que ce monde pouvait nous offrir, jamais, nous ne nous serions berné, jamais nous ne nous serions sentis trompés, car nous savions vers qui  allaient et iraient à jamais nos sentiments.

Lorsqu'on réalise cela, malgré les gens sceptiques émettant des doutes quant à la capacité d'aimer quelqu'un tout en baisant d'autres corps, on prend conscience de la grandeur de ce qu'on a construit.

 

Sam sortit de ce constat, comme un de ces demi-dieux se réveillant et se relevant de sa sépulture. Il était et sera à jamais mon unique Roi. Son amour, tous ses petits gestes de tous les jours creusèrent et léguèrent des sentiments immuables au fil du temps, laissant naître un ruisseau, puis une rivière, jusqu'à ce qu'un océan, notre océan se forme.

 

Il est clair que même mon écrivaillon et son perpétuel regard indécis ne pouvait faire fondre une telle masse en une nuit. Et quand bien même… S'il avait fait trembler mes sens, plus que ne le permette la raison, il n'aurait jamais pu entrevoir le moindre espoir, quant à assécher un jour cet océan que nous construisîmes, Sam et moi, car l'évaporation se transforme toujours en pluie, c'est bien connu. Et toute goutte d'eau, même la plus infime, ira un jour combler l'océan, et peu importe du temps requis. 

 

Voilà dans quel avenir nous nagions, mon amour et moi, sous l'œil sombre et désespéré de mon écrivain, ayant compris en se rhabillant, que jamais plus nous ne nous reverrions, car en nous enlaçant de la sorte et en nous donnant aussi ardemment, nous ne faisions qu'entretenir un mirage. Son mirage. Nous permettions à son île d'espérance quand à un « nous » probable, de rester à flot mais plus pour longtemps… L'océan, notre océan la recouvrit sans préavis cette même nuit et pour la nuit des temps.

 

 

  © 2008 - Didier Leuenberger - Tous droits réservés.       



24/07/2010
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 85 autres membres