T O U S D E S A N G E S

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Nevada, mon Big One à moi

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Nevada, mon Big One à moi

Nouvelle

didier  leuenberger

Nevada, mon Big One à moi

 

Je me tenais face au miroir, un tee-shirt devant la poitrine, comme pour préserver le verre de ce reflet un peu passé. Greg semblait dormir, mais il n’en était rien. En fait, il m’observait en catimini sous les draps. Il cachait surtout ses balafres, cet inconscient, ce Robin des bois, ce fou, ce Geronimo des temps modernes s’accrochant à des valeurs tellement nobles. Voilà ce qui arrive lorsqu’on quitte son Nevada pour l’Arizona et sa border patrol, tandis que je glougloute comme une dinde et tourne en rond, comme si on m’avait coupé la tête.

Je contrôlai la poussière, passant mon doigt sur le rebord de la commode. J’avais oublié un instant qu’ici, il faut apprendre à faire avec. Je souris en repensant à la maniaque du ménage que j’avais pu être auparavant.

Mais n’avait-ce pas été un moyen comme un autre de s’oublier avant tout cela, avant d’être emportée dans ce voyage, ici, en Amérique, et bien plus encore, sur cette barque dont je ne semble plus pouvoir descendre ?

« Quelle vieille bique ! » songeai-je en me faisant une grimace. Je me suis regardée dans la glace un long moment. Ce visage est devenu celui d’une locale, un petit éclat de plus dans les yeux. Éclat de naïveté ? Peu importe, naïve, je l’ai toujours été. J’étais figée devant ce reflet, comme hypnotisée. J’ai... J’ai eu honte d’oser penser un instant que je pouvais être belle.

Voilà ce qui arrive lorsqu’on nous aime. Lorsqu’on nous aime vraiment. Car Greg m’aime, même s’il ne me le dit pas tous les jours. Comment ne pas le croire, en voyant cet homme tout quitter pour me rejoindre après un mois et demi passé sous les projecteurs de l’un des plus grands casinos de Vegas ? C’est un passionné, et les passionnés sont rarement des êtres raisonnés et raisonnables. Il faut marcher derrière eux, suivre ou non leurs empreintes dans cette quête de l’absolu, car toute passion finit par mener à cela. Elle dévore, ronge, grignote de l’intérieur. Impossible d’y échapper.

Greg a cette lueur au fond des yeux. Tapie au plus profond de son regard d’ambre, elle ne demande qu’à se manifester. Toute sa vie, semble-t-il, et pour le peu que j’en sais, c’est cette passion qui l’a mené par le bout du nez, sans se soucier du bonhomme. Et voilà qu’il la domine, qu’il la tient ; même si ce n’est que pour quelque temps, je m’en moque. Le fait est qu’il m’a préférée à elle, et ça, qui n’en rêverait pas une seule petite fois dans sa foutue vie ?

Cela dit, je ne fais pas la fière, car je sais qu’elle aura sa revanche. Elle ne quitte pas son hôte aussi aisément. Non, c’est bien plus fort que ça. Elle est en lui, fait partie de lui. Un jour, elle le dominera à nouveau et il repartira sur les routes, le temps qu’elle existe, le temps d’être heureux, car je sais qu’il ne l’est jamais autant qu’en ces moments de symbiose ou la musique et lui, vibrent à l’unisson.

Et dire que j’avais pensé une seconde, en le voyant s’en aller pour Vegas, que je ne le reverrais peut-être jamais plus. En tout cas, plus comme avant. Il est jeune, les jolies femmes ne manquent pas là-bas, pourquoi serait-il revenu vers ce vieux fossile de soixante-six ans, alors que ses mains pourraient effleurer des peaux de pêche, à n’en pas douter...

Sans doute ressent-il ce que j’éprouve lorsque ses yeux me transpercent. Un tel regard est capable de rendre belle la plus vile des créatures, assurément.

Je me sentais étonnamment gracieuse. Certainement encore habitée de ce drôle d’air qu’on ne peut dissimuler après l’amour. Cette espèce de béatitude contemplative qui nous rend quelque peu abrutis. Bon Dieu, si être abruti ne relevait que de cet état, il faudrait pouvoir s’en nourrir chaque jour et le cultiver. Le monde n’en serait que meilleur, il me semble.

Je baissai la tête, doucement, ma nuque se dévoilant dans la douce lumière que la petite lampe orangée placée sur la commode diffusait. Je posai ma joue sur la main de Greg. Il était venu me rejoindre et massait mon épaule. Un vent de bien-être m’emporta, à m’en croire capable de m’envoler. Encore un petit geste. Anodin à frôler le commun, et pourtant il prenait une toute autre dimension parce que c’était Greg qui me le prodiguait. Ce n’est pas tant ce que l’on fait qui importe, mais bien la manière.

Je rougis lorsqu’il me releva le menton, me forçant à me regarder dans la glace. Sans un mot. Nos respirations emplirent les lieux d’un léger ronronnement.

J’avais honte. Honte de m’être laissée aller ainsi avec cet homme. Honte de ressentir mes vieux os s’entrechoquer encore, après que nous eûmes fait vibrer nos corps tout entiers. Honte de songer avec malice à toute cette tendresse comme si je n’y avais pas droit ; mon défunt mari, ce vieux sot d’Albert, rôdant toujours dans mon esprit comme un brigand prêt à me voler mon butin : tout cet amour, cette émancipation gagnée, cette libération. Lui,  s’accrochait à mes tétons comme à un pare-choc de voiture et, ce butor, violentait la chair en quelques minutes. Si vite et si mal.

Combien d’années perdues ! Mais peut-être est-ce pour cela que c’est si bon aujourd’hui ?

Je n’arrive pas à y croire. De dizaines en dizaines, on en arrive là, plus enfants que jamais. Semblant émoustillés par l’innocence, à peine écorchés par la vie, juste un peu éraflés, comme si tout pouvait s’effacer d’un simple baiser. Même pas sur la bouche. Un tout petit baiser. C’est merveilleux, un rêve d’enfant qui nous sourit enfin. Comme si l’âge avançant intensifiait la force d’y croire.

Jamais je ne m’étais permis de penser ainsi. Depuis que je transcris ce qui m’arrive sur le papier, j’ai l’impression de graver mot après mot, ce que d’aucun appellerait un rêve. L’ironie du sort ? Peut-être la magie des mots, capable de transcender le temps et les tourments. Capable de nous libérer de tant de repentirs, de doléances ou de chagrins. Je soupirai en repensant à ma vie d’avant, d’un souffle lourd empreint de bien des regrets.

Greg me jeta une œillade complice et coquine, me sourit d’un petit air de satyre, m’enveloppa dans ses bras, son torse plat et à peine velu tout contre mon dos, son sexe entre mes fesses de vieille. Et moi qui diabolisa la nudité. Qui en fis un garde-fou du bienséant alors que la chaleur ressentie en cet instant semblait si naturelle, si bénéfique ; capable de panser les plaies les plus profondes. Nue, au sens propre comme au figuré. Je sentais ses doigts frôler ma peau avec amour et respect. Et je n’avais qu’une envie : m’abandonner encore et encore. Je me suis retournée, l’ai embrassé. Il m’a posée sur la commode en venant se blottir contre moi. C’était merveilleux. J’ai pensé « Vive les culs nus ! ».

Il m’a dit « I love you ! » de son accent texan, après que nous eûmes soufflé, moi, les cheveux dans les yeux et un filet de sueur descendant le long de mon échine ; et lui, quelques gouttes d’effort perlant de sa moustache et sur son corps détendu. Cela suffit à me troubler et me sentir coupable. Coupable de ressentir autant de plaisir et de bien-être. Comme si ça m’était interdit. Il me releva le visage, le plaça dans lumière, et remettant ma mèche de cheveux derrière mon oreille, me rassura d’un simple regard.

Ma vie en Europe défila comme une bobine de film. Je ravalai ma salive lorsque le projecteur s’arrêta sur le visage buriné de mon défunt mari, ce salaud. Il avait bien réussi son ouvrage, l’animal, il m’avait isolée de tout et de tous, sans que je ne me rebelle le moins du monde. Quelle conne, quand j’y pense ! Oui, il était parvenu à ses fins. Et comme tout bon drogué, je dépendais de ma drogue et de mon dealer. C’était vraiment ça. Je n’avais pas compris qu’il ne fallait pas faire, mais Être. Faire la popote, laver le linge, ranger son bureau, mettre ses bières au frais. Tout faire pour lui plaire, jusqu’au point de non-retour, jusqu’à s’oublier, jusqu’au suicide, car c’est ce que je perpétrais chaque jour en continuant ma vie de cette façon-là.

Il me fallait bien le Nevada pour me désintoxiquer. Mon séisme. Ma faille de San Andrea. Mon tsunami. Mon Big One à moi. Et Greg, le terreau de toutes les espérances et de tous les possibles. Nul besoin d’extraordinaire, de mégalopoles flamboyantes ; de magasins vendant quelques marques extravagantes ; de ponts démesurés ou de building croquant les nuages. Il me fallait juste de l’espace, une surface écrasée par le soleil, emplie de solitude. Un endroit malmené par les éléments ou le temps semble s’être arrêté ; où la vie paraît se faufiler subrepticement derrière les rochers et les buissons ; virevolter, la nuit en feu follet lorsque nous allumons un grand feu de joie. Une terre brûlée, ou ne rien faire de la journée prend enfin tout son sens. Mais pas besoin d’autant de terrain pour entrevoir le monde sous un autre angle. Un lopin de sable et de cactus me suffit à tenir entre mes mains ma destiné et le désir de tout rénover.

L’Amérique incarnait le changement. Et si cette terre se veut un peu moins promise qu’elle ne le fut jadis il reste dans certains coins du pays, la possibilité de tout recommencer. D’être la personne que l’on aspire à être. En fait, celle que l’on a toujours été et non celle que l’on voulait qu’on soit. Cette terre, ou la liberté prend un sens bien spécifique. Et bien plus encore dans des régions aussi reculées d’où je vis. L’Amérique comme je l’imaginais, comme je la rêvais, existe bel et bien, mais on ne peut se rendre compte de ce que c’est qu’en y vivant tous les jours. Si les gens peuvent paraître rustres au premier abord, ce genre d’endroit semble plus une terre d’accueil qu’un vrai village. Du reste, il n’y a ici aucun lieu de culte ou même un magasin. Oui, une terre dont personne ne semble avoir voulue tant elle est aride et sèche. Lui trouver des atours demande des efforts, sollicite une disposition au changement et ce n’est pas donné à tout le monde.

Toutes sortes d’énergumènes arrivent ici, aimantés par je ne sais quelle force mystérieuse. Comme si l’aridité de ces paysages pouvait être un onguent et une panacée à leurs maux et blessures. Je fus l’un d’eux, trouvant dans ce désert des réponses auxquelles je ne m’y attendais pas, à commencer par ce miracle de m’être enfin découverte. Le déni dont j’abusai s’est effiloché jusqu’à disparaître, les vents brûlants l’emportant peut-être au loin, dans le branchage d’un virevoltant. Il me fallut du courage pour l’accepter mais une fois accepté, je me sentis de mieux en mieux dans ce désert, jusqu’à supporter la chaleur extrême qui peut s’y abattre. Les gens ici sont sans fioriture, sans concession aucune, ils sont cash, à l’image de ce paysage dépouillé nous encerclant à moins qu’il ne nous protège. Ils ne se fient qu’à ce qu’ils voient et ne vont pas par quatre chemins pour dire les choses. Et  puis il y a les paumés, tous ces gens croyant devenir millionnaires en un lancer de dés et ayant tout perdu. Les imbéciles, ils devaient bien se douter en longeant cette maigre route parallèle à la 95, qu’ils allaient tout perdre. Celle qui mène au rêve et à l’illusion. À la perte de soi, également ; de tout sens de la réalité. À Vegas. Ceux-là sont des cabossés errant pour certains comme des zombies accrochés à leur caddy et leur maigre butin. Il m’arrive de leur donner du pain tandis qu’un Hummer hors de prix soulève un nuage de poussière et ébouriffe notre tignasse, dans la plus parfaite indifférence. Mais ne sommes-nous  pas dans le pays des contrastes et des superlatifs ? Ici plus qu’ailleurs, ce genre de scène se voit courante. Et personne ne s’en offusque. Il y a les looser et les winner. Lorsque les uns croisent la route des autres aucun d’eux ne se feront de reproches. Ils s’admireront peut-être, se mépriseront sûrement mais à aucun moment ils ne trouveront la situation injuste. Libre jusqu’au bout. Libre à tout prix quitte à en payer le prix fort.

Avec Greg, je vis une Amérique palpitante et méconnue, cachée aux yeux du monde. Lorsqu’il est revenu il y a deux semaines, noirci de haut en bas, les jeans poussiéreux et les cheveux crépus, jamais je n’aurais pensé une seule seconde, ce que mon doux compagnon avait entrepris. Et pourtant… c’est fou ce que l’on peut cacher derrière nos apparences. Son week-end avec ses copains a donc servi à çà.  Greg ne me dit rien de son escapade pour ne pas m’inquiéter. Il est comme çà, usant des mots à l’économie, ne dévoilant que très peu, et cela me va. Cela me va très bien, même si je paniquai lorsqu’il s’écroula sur la galerie, en crachant du sang. Je m’attendais à une bagarre ou une fin de soirée ayant mal tournée, mais non. Pas avec Greg. Lui, ne mettrait pas son énergie dans un combat de coqs inutile. Se mesurer les zizi sur le comptoir du bar, il y a belle lurette qu’il a dépassé ce cap. Par contre lorsqu’il s’agit de défendre la veuve et l’orphelin, alors là, Greg peut se transformer en un vrai GI pour les sauver. Sous mon regard insistant, il m’expliqua ce qu’il avait fait avec deux de ses amis. Pourquoi il était amoché et bien qu’il ne s’en plaignait pas. Les miles ne sont pas un problème en soi en Amérique. En faire cinq cents ou plus pour une bonne cause et même pour une futilité ne fait jamais peur. Aussi, se retrouver à la frontière mexicaine et tenter de sauver un groupe de clandestins attaqués par les garde-frontières pour les mettre en lieu sûr, ne lui fit pas plus peur que çà. Je n’en croyais pas mes oreilles. Je me demandais à qui j’avais à faire et surtout, je me rendais compte à quel point la vie était rude. Simple, mais rude. Il y avait dans cette affaire, comme une ère post apocalyptique, à moins que nous ne soyons retourné à l’époque des pionniers. La violence qu’il m’expliqua subir lors de la course poursuite de ces familles était terrifiante. Depuis que le mur était érigé le long de la frontière mexicaine, certains policiers avaient tendance à jouer avec les gadgets électriques et en user sans se soucier si c’était un enfant sur qui ils s’étaient jetés ou une femme ou même un vieillard. Certains ne font aucune différence. Greg me montra les marques de brûlure dans son dos qu’un garde-frontières lui asséna en le plaquant au sol avec un Taser. Je poussai un cri d’horreur tandis qu’il décapsulait une bière avec ses dents en soupirant. Il ne sait pas s’il les sauva, ni même s’ils étaient encore vivants, mais le fait d’avoir pu en cacher quelques-uns dans un endroit sûr, le temps de reprendre des forces et de panser les blessures, leur a peut-être permis de s’organiser et rejoindre de meilleurs cieux.

Il finit son histoire, me demanda ce qu’on mangeait et me passa ses doigts dans mes cheveux. Voilà ce qu’est donc mon Amérique. Un concentré de disparités, d’extrêmes et de flamboyance. De beauté et de sérénité. Un mélange de poussière et de sang, de rire et de pleures, de quiétude et d’effroi. C’est donc dans un tel environnement que je n’ai jamais été aussi vivante, dans ce fatras d’émotions et de répulsion. Dans ce no man’s land sans nom. Ce trou perdu. Mon monde, désormais.

Me voilà bien avancée, à toucher du bout des doigts la voûte céleste et croire à un avenir radieux au milieu des coyotes. A me blottir contre le torse de Greg au moindre éclair déchirant le ciel. Les orages ici, sont redoutables et imprévisibles. Capables d’emporter des voitures voir même, des maisons entières.

Moi, l’européenne plutôt distinguée s’étant fait une place au sein de cet étrange et complexe maelström que représente cette communauté. Moi, la vieille étrangère aux manières d’un autre âge. Moi, le plus petit obus féminin à la ronde ayant créé une association avec les filles de la région, histoire de maintenir une touche de féminité dans ce monde de brutes ; de leur apprendre à se défendre des violences conjugales qui ne manquent pas ici, et de s’entraider lors de coups durs.

Après l’aventure incroyable que me conta Greg, je sentis des ailes me pousser dans le dos. Le lendemain, tandis que je devais expliquer aux filles comment s’alimenter sainement, je leur ai demandé de répéter après moi et à trois reprises deux seuls mots indispensables pour survivre ici plus qu’ailleurs : « Fuck You ! ». Pour répondre comme il se doit à leur Jule le jour où il lèvera la main sur elles et d’avoir assez de courage pour se casser et tout recommencer ailleurs. Puis, une fois nos pulsions de revancharde rassasiées, je leur parlai de mon Greg. Mon homme, mon amant, mon ami, un exemple, mon meilleur ami. Un homme d’honneur. Une perle. Qu’aurais-je pu espérer de mieux ? Il n’y a rien que Greg ne me donne pas. Je suis comblée.

Alors lorsqu’il rentre à la maison, dans notre belle petite bâtisse, je suis déjà contente ; lorsqu’il mange, je me délecte à le regarder finir son assiette, et lorsqu’il caresse ma peau de dinosaure je m’interroge toujours autant sur ce qui peut bien le faire revenir vers moi. Je ne peux contenir ma joie, ne peux dissimuler mon sourire que je cachais au début de notre histoire dans mes mains, comme si c’était mal. Aujourd’hui je ris fort et je ne me suis jamais sentie aussi bien. Notre différence d’âge ne se voit que sur nos papiers d’identités, son regard, me permettant d’enfin me voir et m’apprécier telle que j’ai toujours été au fond de moi. Telle que je suis. Et ce ne sont pas ces foutus crotales ni ces satanés coyotes qui vont m’exhorter à renoncer à ce trésor. J’assume pleinement ma vie d’ici et me plais à oublier celle de la faible femme que je fus dans ma vie d’avant.

 

© Didier Leuenberger

 

 

 

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08/10/2016
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