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PUBLICATION DE LA NOUVELLE "JE L'AI VUE DE MES YEUX" DANS LE MESSAGER

NOUVELLE PUBLICATION DE NOUVELLE DANS LE MESSAGER

 PUBLICATION DE LA NOUVELLE "JE L'AI VUE DE MES YEUX" DANS LE MESSAGER

JE L'AI VUE DE MES YEUX



Youpi !!!!  Publication de la Nouvelle "JE L'AI VUE DE MES YEUX" dans Le Messager de ce vendredi 22 mars 2013.

 

 

 

EXTRAIT :

Je l’ai vue de mes yeux

 

Je l’ai vue. Je l’ai vue de mes yeux. Elle était fière, fendait le ciel au loin, de sa falaise abrupte se donnant un air de bout du monde. J’étais heureux de parcourir son flanc. J’en ressentais même un certain orgueil, découvrant notre route, cette minuscule guirlande serpentant ses coteaux, brillant après une pluie salvatrice comme un diamant au soleil. Jusqu’à nous aveugler. Jusqu’à nous laisser croire que derrière l’ultime contour, il n’y avait plus rien d’autre que les nuages. Que tout était là, au milieu de ces Andes, montagnes imbriquées les unes sur les autres, descendant même jusque vers une Amazonie luxuriante, buvant les ruisseaux que cette géante permit de laisser creuser sa terre.

 

Je l’ai vue, oui. Vue de mes yeux, alors que j’étais écrasé par des besaces de légumes me tombant dessus à chaque coup de volant un peu brusque. Que je reniflais comme un animal… l’odeur des fruits trop mûrs, la sueur de quelques Indiennes ayant marchandé comme des diablesses leur dernier épi de maïs. Ecoutant les cris d’un cochon d’Inde enfermé dans un sac de jute et destiné au baptême ou au mariage de l’un des nombreux enfants de l’homme frappant la bête pour qu’elle se taise.

 

Je lorgnais sur les nattes de la femme qui me scellait à mon siège et qui sentait le suif de lama à plein nez. Ses joues brûlées comme presque toutes celles des enfants que je croisai, elle me lança un sourire carié lorsque je vis la chose arriver. Mes yeux s’agrandirent comme deux astres prêts à imploser. Je retins mon souffle. Tous retinrent leur souffle alors qu’un brouhaha  n’avait cessé depuis notre départ. Une cacophonie de rires et de discussions enflammées…

 

Les regards s’auscultèrent, se concertèrent, impuissants, paniqués et anéantis me sembla-t-il. Les nombreux bus nous devançant freinèrent en cœur, comme s’il n’y avait eu qu’un seul chauffeur. Toutes les têtes se tournèrent vers l’invraisemblable. Vers l’inimaginable…

 

Cette fière, cette majestueuse s’effondra en un éclair. Comme si un magicien ou un sorcier avait lancé ses foudres. Comme si les Dieux eux-mêmes, avaient frappé. Un château de sable avalé par une vague. Un amas de cendre s’envolant en un souffle léger.

 

© 2013 - Didier Leuenberger - Tous droits réservés.      



22/03/2013
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